Carnet photographique

Un sceau d’encens au troisième jour
Entre deux séances de tai-chi, les participants d’un séjour à Wudang découvrent la précision tranquille du sceau d’encens.
Au troisième jour du séjour de tai-chi, les corps ressentent le travail et les esprits commencent à se poser. Entre deux séances, une autre pratique prend place sur la table : composer un sceau d’encens.
Un brûle-parfum en verre dépoli, en forme de lotus, repose sur un tissu bleu-vert décoré de grues. Autour : une petite spatule de laiton, un pinceau, un moule et une poudre dorée. Il faut d’abord préparer une surface de cendre régulière, suffisamment stable pour soutenir le dessin.
La poudre remplit le moule ; le pinceau en retire l’excédent. Lorsque le moule se soulève, une ligne continue doit rester sur la cendre. Si elle se rompt, on recommence. L’attention portée à cette base rappelle celle que demande un appui dans la pratique corporelle.
Les sceaux d’encens ont une longue histoire en Chine. Sous les Song, certains servaient aussi à mesurer le temps. L’encens comptait parmi les plaisirs lettrés, aux côtés du thé, des fleurs et des peintures.
Sur les photographies, le motif achevé précède l’allumage. Puis un point incandescent avance et une fumée légère s’élève. La patience de l’atelier prolonge celle du séjour ; elle rejoint aussi le travail des petits pendentifs d’encens façonnés à Wudang.
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