Se déplacer sur le mont Wudang

Navettes du site, téléphériques, itinéraires à pied et derniers départs de la journée

À l’intérieur de la zone protégée, les déplacements relèvent d’un système organisé et non de vos propres arrangements ; en comprendre la structure, c’est faire la différence entre une journée réussie et une journée passée à attendre. Cette page explique comment les différents éléments s’articulent. Elle ne donne ni horaires, ni tarifs, ni fréquences, car ceux-ci changent, et un chiffre périmé est pire que pas de chiffre du tout. Vérifiez les dispositions en vigueur à l’entrée, le jour même.

Illustration à l’encre : un voyageur avec un sac à dos devant un panneau de carte à un arrêt de car, près d’un escalier de pierre qui monte vers les sommets, sous les cabines d’un téléphérique.

Pourquoi votre véhicule s’arrête à l’entrée

La première chose à comprendre, c’est que l’on ne monte pas sur cette montagne en voiture — ni vous, ni personne.

Les véhicules particuliers s’arrêtent à l’entrée de la zone protégée. Au-delà, on se déplace grâce au réseau de transport interne, à pied, ou en téléphérique là où il en existe un. C’est la pratique courante dans les sites touristiques et patrimoniaux chinois, et elle s’applique que vous soyez venu en voiture, en taxi ou en autocar.

Les raisons en sont simples et méritent d’être connues, car elles expliquent tout le reste du système. Les routes sont montagneuses et étroites, le site est très fréquenté, les bâtiments sont protégés, et une circulation non régulée serait à la fois dangereuse et destructrice. Concentrer les déplacements dans une flotte contrôlée est le seul moyen, pour un site de cette configuration, d’absorber le nombre de personnes qui s’y rendent.

Conséquence pratique : la souplesse qu’offre un véhicule personnel disparaît à l’entrée. À partir de là, vous dépendez des horaires du système, et vous organiser en fonction de ces horaires plutôt qu’à leur encontre est la chose la plus utile que vous puissiez faire.

Les navettes

Les navettes internes constituent l’épine dorsale du système : c’est ainsi que la plupart des visiteurs se déplacent entre les principaux sites.

Elles circulent sur des lignes fixes entre l’entrée et les principaux arrêts, les grands ensembles architecturaux étant desservis comme autant d’étapes le long du parcours. Le service est fréquent en haute saison, moins en dehors, et l’affluence culmine en milieu de journée — une raison de plus pour partir tôt.

Deux points structurels comptent davantage que n’importe quel horaire. D’abord, les navettes suivent la route de la montagne, si bien que l’ordre dans lequel vous pouvez visiter les lieux est en grande partie dicté par le tracé de cette route. Vous n’êtes pas libre d’inventer un itinéraire à votre guise. Ensuite, les arrêts sont les points de concentration de la foule. À Wudang, l’affluence se masse là où les transports déposent les visiteurs ; l’expérience s’améliore donc considérablement à quelques minutes de marche de n’importe quel arrêt.

Concrètement, considérez chaque arrêt comme un point de décision. Descendez, avancez à pied, prenez tout le temps que vous voulez, puis revenez au même endroit. Chercher à combiner astucieusement plusieurs arrêts dans un même sens donne en général une journée moins réussie que de suivre la ligne dans l’ordre.

Les bagages dans les navettes sont une source fréquente de désagréments. Les véhicules ne sont pas conçus pour de grosses valises, ils sont bondés, et vous monterez et descendrez à de nombreuses reprises. C’est l’argument pratique pour laisser tout objet encombrant à votre hébergement.

Le téléphérique

Un téléphérique dessert une partie du parcours et modifie sensiblement l’équation d’une visite.

Il vous épargne une longue portion d’ascension près du sommet. Il ne vous épargne pas toutes les marches : les tronçons situés à chaque extrémité comportent toujours des escaliers, et l’approche finale du sommet se fait à pied quoi qu’il arrive. Les visiteurs qui s’imaginent que le téléphérique les dépose à la porte du sommet sont invariablement surpris.

Il dépend aussi de la météo. Nuages, vent et verglas peuvent en interrompre le fonctionnement, et cela arrive assez souvent pour que vous l’intégriez à votre programme plutôt que d’en être surpris. Si le téléphérique est votre moyen de montée et qu’il s’arrête pendant que vous êtes au-dessus, vous redescendrez à pied.

Les files d’attente se concentrent au téléphérique plus que partout ailleurs sur la montagne, et elles sont à leur pire en milieu de journée et en haute saison. La file du bas le matin et celle du haut l’après-midi sont, pour la plupart des visiteurs, les deux goulets d’étranglement de toute la journée.

L’emprunter ou non est un vrai choix. Le prendre économise énergie et temps, mais fait sauter le tronçon qui explique pour une large part comment les bâtiments s’inscrivent dans le relief. Parcourir ce tronçon à pied est plus enrichissant et vous coûte une grande partie de votre journée. La plupart des visiteurs ont intérêt à le prendre pour monter et à envisager de redescendre à pied sur une partie du trajet, puisque c’est de toute façon à la descente que l’on profite des panoramas.

À pied

La marche n’est pas un simple pis-aller : sur cette montagne, c’est là que réside une bonne part de l’intérêt de la visite.

Les sentiers et escaliers de pierre qui relient les ensembles architecturaux sont la partie du site où le rapport entre architecture et relief devient lisible. Ici, les bâtisseurs ont adapté les constructions au terrain au lieu d’aplanir le terrain pour les constructions, et ce parti pris se voit sur les chemins de liaison comme il ne se voit jamais depuis la fenêtre d’un bus.

Soyez réaliste quant au revêtement. Vous marcherez sur des marches de pierre, souvent polies par plusieurs siècles de passage et fréquemment mouillées. L’adhérence compte plus que tout dans le choix de vos chaussures, et c’est à la descente, non à la montée, que surviennent les accidents.

Soyez réaliste quant à la quantité. Même une visite qui fait appel aux navettes et au téléphérique implique un nombre considérable de marches, et une visite qui parcourt à pied les tronçons de liaison en implique énormément. Les longues volées d’escaliers sont la règle plutôt que l’exception.

Pour la plupart des visiteurs, le compromis raisonnable consiste à utiliser les transports là où ils font gagner le plus, et à marcher là où la marche révèle le plus. Cela revient généralement à emprunter les longs tronçons de transit et à marcher à l’intérieur et aux abords immédiats de chaque ensemble, en y ajoutant un tronçon de liaison choisi délibérément.

Le dernier service de descente

C’est l’information pratique la plus importante de cette page, et celle que les visiteurs découvrent le plus souvent trop tard.

Les transports internes ont un dernier service, et il part plus tôt que la plupart des gens ne le pensent. Le manquer ne signifie pas attendre : cela signifie redescendre à pied, à la tombée du jour, sur une pierre usée, avec des jambes qui ont déjà fourni une journée entière. Chaque année, des visiteurs en font l’expérience.

Organisez donc votre journée à rebours, à partir du dernier service, plutôt qu’en partant de l’entrée. Renseignez-vous sur son horaire le jour de votre visite, à l’entrée, auprès du personnel, plutôt que de vous fier à une information publiée à l’avance, y compris sur ce site. Déterminez ensuite où vous devez être et à quelle heure, et prévoyez une marge, car vous serez plus lent en fin de journée que vous ne le croyez.

Cette marge doit être plus large qu’il ne semble nécessaire. Les files d’attente au téléphérique l’après-midi, une descente plus lente que prévu, une salle que vous n’aviez pas envie de quitter : tout cela la grignote. Une heure de marge n’a rien d’excessif.

Corollaire : le sommet est un objectif du matin, non de l’après-midi. C’est en le tentant trop tard que l’on se retrouve à redescendre une montagne en courant contre la montre, ce qui est à la fois désagréable et la chose la moins sûre qu’un visiteur puisse faire ici.

Bagages et affaires à emporter

Ce que vous portez pèse sur la journée plus que les visiteurs ne l’imaginent, car vous le montez marche après marche.

Laissez tout objet encombrant à votre hébergement. Si vous logez sur la montagne, montez avec un petit sac et laissez le reste en bas. Si vous venez pour la journée, utilisez la consigne à bagages qui existe, quelle qu’elle soit, plutôt que de promener une valise sur une montagne.

Emportez de l’eau et de quoi recharger votre gourde, des petites coupures, une protection solaire, une couche imperméable légère, de quoi manger, un téléphone chargé et de quoi le recharger, ainsi que tout médicament dont vous avez besoin. C’est toute la liste, et elle est volontairement courte.

Laissez le matériel photo lourd à l’hôtel, à moins que la photographie ne soit le véritable objet du voyage. Le gain est minime, et le coût au bout de plusieurs heures d’escaliers ne l’est pas.

Le poids s’accumule. Chaque objet supplémentaire est porté sur chaque volée de marches, et les visiteurs regrettent invariablement la troisième couche de précautions plutôt que la deuxième.

Construire une journée réussie

En assemblant ces éléments, une journée bien conçue présente une structure reconnaissable.

Présentez-vous tôt à l’entrée, avant que l’affluence de la mi-journée ne s’installe. Renseignez-vous sur l’heure du dernier service avant d’entrer. Montez la montagne dans l’ordre plutôt qu’au gré de la commodité : la route l’impose de toute façon en grande partie, et l’ordre ascendant est aussi celui qui fait sens.

À chaque étape, descendez et avancez à pied. Passez votre temps à l’intérieur des ensembles plutôt qu’en transit, et faites les quelques minutes de marche qui, depuis n’importe quel arrêt, vous séparent de la foule.

Placez le sommet tôt dans la journée si vous tenez à y aller, et prenez votre décision le matin plutôt que l’après-midi. Consacrez la plus grande part de votre journée à l’ensemble qui récompense le mieux l’immobilité contemplative plutôt qu’à celui qui se trouve le plus haut.

Puis redescendez avec de la marge, posément, plutôt que d’être poussé vers le bas par un horaire. Une journée qui s’achève sans hâte à l’entrée, avec encore de la lumière, vaut mieux qu’une journée qui se termine par une photo au sommet et une course vers le dernier bus.

Sources et limites : cette page décrit la structure des transports internes et ne contient délibérément ni horaires, ni tarifs, ni fréquences, ni détails sur le dernier service, car ceux-ci varient selon la saison et changent sans préavis. Les dispositions en vigueur, le fonctionnement du téléphérique, les fermetures et l’heure du dernier service doivent être vérifiés à l’entrée le jour même. Les avis et consignes affichés sur place priment toujours. Tout ce qui concerne votre propre aptitude physique à une longue journée de marches relève de votre médecin.

Points clés

  • Les véhicules particuliers s’arrêtent à l’entrée. Au-delà, vous vous déplacez en navette, en téléphérique ou à pied.
  • Les navettes suivent la route de la montagne, si bien que l’ordre de votre visite est en grande partie imposé. Organisez-vous avec la ligne plutôt que contre elle.
  • L’affluence se concentre aux arrêts, si bien que quelques minutes de marche depuis n’importe quel arrêt transforment l’expérience.
  • Le téléphérique vous épargne une longue montée mais pas toutes les marches, et l’approche du sommet se fait à pied quoi qu’il arrive.
  • Le téléphérique dépend de la météo et s’interrompt assez souvent pour que cette éventualité fasse partie de votre programme plutôt que de vous surprendre.
  • Envisagez de le prendre pour monter et de redescendre à pied une partie du trajet, puisque c’est à la descente que l’on profite des panoramas.
  • C’est en parcourant à pied les tronçons de liaison que le rapport entre architecture et relief devient lisible.
  • Organisez la journée à rebours à partir du dernier service de descente, vérifiez son horaire à l’entrée et prévoyez une heure de marge.
  • Le sommet est un objectif du matin. C’est en le tentant tard que les visiteurs se retrouvent à courir contre la montre sur une pierre usée.
  • Laissez vos bagages en bas, emportez peu de choses et souvenez-vous que chaque objet se porte sur chaque volée de marches.