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Le yin-yang et les Cinq Phases dans les arts métaphysiques
Un même cadre derrière la médecine, le Feng Shui, la divination et le destin
Après avoir vu ce qu’affirment le yin-yang et les Cinq Phases, il vaut la peine de les voir à l’œuvre. Tous les arts de cette catégorie reposent sur ces deux mêmes systèmes, ce qui explique qu’un praticien formé à l’un puisse lire les manuels d’un autre. Cette page passe en revue les principaux arts et montre précisément où ce vocabulaire intervient dans chacun. C’est aussi un guide pratique pour juger ce que l’on vous dit, car le signe le plus sûr d’une source faible est qu’elle emploie ces termes de manière décorative plutôt que comme partie intégrante d’un calcul.

- La boîte à outils commune
- Comment un moment acquiert une polarité
- Valeurs de phase et calendrier
- Le BaZi : peser les Cinq Phases
- La phase favorable et ce qui en découle
- Le Zi Wei Dou Shu : les phases derrière les étoiles
- Le Feng Shui : forme, matériau et direction
- Le Feng Shui : les phases en mouvement dans le temps
- Le choix des dates : accorder le jour à l’action
- La divination : la polarité dans les traits
- La physiognomonie : lire la phase dans un visage
- Le même vocabulaire en médecine et en alchimie
- Comment juger ce que l’on vous dit
- Points clés
La boîte à outils commune
Quatre choses circulent entre tous ces arts. D’abord la polarité : chaque unité du système est classée yin ou yang. Ensuite la valeur de phase : chaque unité porte aussi l’une des Cinq Phases. Puis les deux cycles de relations, par lesquels le praticien passe d’un ensemble de valeurs à un jugement. Enfin la correspondance, qui permet d’appliquer dans un domaine une valeur obtenue dans un autre. Dès que vous savez repérer ces quatre opérations, la littérature technique de n’importe lequel de ces arts devient praticable, même lorsque les procédures particulières vous sont peu familières.
Il faut aussi dire ce qui ne circule pas entre les arts. Les procédures sont réellement différentes et ne sont pas interchangeables : un calcul de Feng Shui sérieux ne peut se déduire d’un thème du destin, et un hexagramme ne peut se convertir en Quatre Piliers. Ce qui est commun, c’est le vocabulaire et le raisonnement sur les relations, non les méthodes elles-mêmes. Les sources qui glissent d’un art à l’autre comme s’il s’agissait d’un seul corpus technique continu simplifient généralement jusqu’à l’erreur.
Comment un moment acquiert une polarité
Le pont entre la théorie abstraite et le calcul concret, c’est le calendrier. Les dix Troncs célestes alternent entre yin et yang, les impairs étant yang et les pairs yin, et les douze Rameaux terrestres font de même. Comme toute date et toute heure peuvent s’écrire en troncs et en rameaux, tout moment acquiert de ce fait une polarité déterminée. C’est cette étape qui rend possibles les arts du destin. Sans elle, le yin-yang resterait une manière de décrire les choses après coup plutôt qu’une valeur que l’on peut consulter et avec laquelle on peut calculer.
Valeurs de phase et calendrier
Chaque tronc et chaque rameau porte aussi une phase. Les dix troncs se répartissent par paires entre les Cinq Phases, ce qui donne une forme yang et une forme yin de chacune : il existe ainsi un tronc Bois yang et un tronc Bois yin, et ainsi de suite. Les douze rameaux se répartissent de façon moins égale entre les phases, la Terre occupant des positions supplémentaires, et les rameaux portent en outre des troncs cachés, autres valeurs de phase contenues en eux. C’est pourquoi un thème de huit caractères fournit bien plus de huit informations de phase, et pourquoi l’arithmétique du calcul du destin se complique rapidement.
Le BaZi : peser les Cinq Phases
La méthode des Quatre Piliers convertit le moment de la naissance en huit caractères, quatre troncs et quatre rameaux, puis évalue la répartition des phases qui en résulte. Le praticien se demande quelles phases sont abondantes, lesquelles sont rares, lesquelles sont totalement absentes, et où en sont les relations d’engendrement et de domination entre elles. Une attention particulière va au tronc du jour, censé représenter la personne, et à la question de savoir si le reste du thème le soutient ou le mine. Un thème ne se lit pas comme une liste de huit significations : il se lit comme un équilibre de forces autour d’un terme central.
La phase favorable et ce qui en découle
L’essentiel de ce que font réellement les praticiens du BaZi découle de l’identification de la phase dont le thème a besoin, qu’elle soit absente, faible ou nécessaire pour servir de médiatrice entre deux autres en conflit. Une fois ce point établi, les conseils pratiques suivent les tables de correspondances : on recommande les directions, couleurs, matériaux, métiers, saisons et même les noms associés à la phase requise, et l’on déconseille ceux qui sont associés à une phase surabondante. C’est là que la pratique populaire dépasse le plus manifestement la théorie, car le passage d’un déficit de phase dans un thème à une recommandation sur la couleur d’un mur suppose plusieurs hypothèses qu’aucune source ne démontre.
Le Zi Wei Dou Shu : les phases derrière les étoiles
L’astrologie de l’étoile pourpre paraît très différente, puisque son contenu apparent est un ensemble d’étoiles nommées placées dans douze palais. Le mécanisme sous-jacent reste pourtant le même. Chaque étoile porte une phase et une polarité, chaque palais porte un rameau, et l’interprétation d’une étoile dans un palais dépend en partie de la question de savoir si les phases en jeu s’engendrent ou se dominent. Une étoile réputée favorable peut être affaiblie par sa présence dans un palais dont la phase la domine. La différence entre ce système et le BaZi tient donc au vocabulaire de surface et à la procédure plutôt qu’aux fondements.
Le Feng Shui : forme, matériau et direction
Dans le versant du Feng Shui consacré à la lecture des formes, des phases sont attribuées aux formes et aux matériaux. Une forme pointue ou triangulaire se lit comme Feu, une haute colonne comme Bois, une masse basse et plate comme Terre, une forme arrondie ou en dôme comme Métal, une forme irrégulière ou ondulée comme Eau. Les directions portent elles aussi des phases : l’est est Bois, le sud Feu, l’ouest Métal, le nord Eau et le centre Terre. Le praticien examine ensuite les relations : une structure en forme de Feu dans une direction Métal constitue une relation de domination et serait jugée défavorable à ce que gouverne cette direction.
Le Feng Shui : les phases en mouvement dans le temps
Le versant de la boussole ajoute le temps. Des nombres dérivés du Luoshu sont attribués aux neuf secteurs d’un site et sont considérés comme changeant selon l’année, le mois et la date de construction, chaque nombre portant une phase et un caractère. Le jugement porte alors sur la relation entre la phase du nombre actuel d’un secteur, la phase de sa direction fixe et l’usage auquel l’espace est destiné. C’est la partie la plus technique et la moins intuitive du Feng Shui, celle où le calendrier, les diagrammes et les phases se combinent en un calcul unique.
Le choix des dates : accorder le jour à l’action
Le choix des dates cherche à savoir quel caractère de phase porte un jour donné et s’il convient à l’activité envisagée. Un jour dont la phase engendre celle de l’entreprise est favorisé ; un jour dont la phase la domine est évité. Comme une personne possède aussi un profil de phases tiré de son thème natal, un jour peut être favorable en général et inadapté à un individu particulier, et c’est pourquoi une pratique sérieuse consulte le thème plutôt que le seul almanach. Les almanachs que l’on imprime encore aujourd’hui sont des résumés condensés de ce raisonnement précis, où le calcul est déjà effectué et seules les conclusions sont indiquées.
La divination : la polarité dans les traits
Le Yijing repose directement sur la polarité, puisque chacun des six traits d’un hexagramme est soit yin, soit yang, et que le système tout entier est engendré à partir de cette distinction binaire. Les trigrammes portent aussi des valeurs de phase, de sorte qu’un hexagramme peut se lire comme une relation entre les phases de ses deux trigrammes constitutifs aussi bien qu’à travers le texte. Des systèmes divinatoires plus tardifs, comme la méthode des six traits, rendent explicite le raisonnement par les phases : ils attribuent des rameaux et des phases à chaque trait et jugent la réponse en grande partie d’après les relations entre eux et la phase du jour où la question a été posée.
La physiognomonie : lire la phase dans un visage
Dans la lecture du visage et la chiromancie, les Cinq Phases fournissent une typologie. On peut décrire une personne comme un type Bois, grande et mince avec des tendons saillants, ou comme un type Terre, large et massive, et chaque type est censé porter des tendances caractéristiques et convenir à des circonstances particulières. Les traits du visage sont eux aussi attribués aux phases, et leurs proportions sont évaluées en termes d’équilibre. Le raisonnement est le même qu’en Feng Shui — la forme visible indique le processus sous-jacent —, et la même objection s’applique avec plus de force encore, car l’apparence est corrélée à tant de choses ordinaires qu’un lecteur a de toute façon largement de quoi travailler.
Le même vocabulaire en médecine et en alchimie
Il faut remarquer que ce vocabulaire n’est pas réservé aux arts du calcul. La médecine chinoise utilise exactement le même schéma pour organiser les organes, les tissus, les émotions et les traitements. L’alchimie intérieure s’en sert pour décrire la transformation de ce que les pratiquants appellent les trois trésors, et ses textes décrivent couramment les opérations en termes de troncs, de rameaux, de trigrammes et de phases. C’est pourquoi une même personne pouvait fort bien être médecin, géomancien et alchimiste, et pourquoi un monastère taoïste pouvait abriter ces trois activités sans avoir le sentiment de mélanger les disciplines.
Comment juger ce que l’on vous dit
Un test pratique : demandez-vous si les termes accomplissent un travail de calcul. Dans une source sérieuse, une valeur de phase est obtenue à partir d’une donnée indiquée par une méthode indiquée, et la conclusion découle des relations entre les valeurs obtenues, de sorte que vous pouvez vérifier les étapes même si vous doutez des prémisses. Dans une source faible, les termes apparaissent comme des étiquettes apposées sur des conclusions atteintes par d’autres voies, et aucune procédure n’est donnée. Ce second type d’écrit est très répandu dans la littérature populaire internationale. Quoi que vous pensiez de ce cadre, il mérite d’être représenté par sa méthode réelle plutôt que par son vocabulaire employé comme ornement.
Un second test consiste à voir si la source reconnaît l’existence de désaccords. La littérature technique de chacun de ces arts comprend des écoles rivales aux méthodes incompatibles, et tout auteur qui présente une procédure unique et arrêtée comme étant la tradition l’ignore ou le dissimule.
Points clés
- Tous ces arts reposent sur quatre opérations communes : la polarité, la valeur de phase, les deux cycles de relations et la correspondance.
- C’est le calendrier des troncs et des rameaux qui transforme le yin-yang et les phases, de descriptions qu’ils étaient, en valeurs calculables.
- Le BaZi pèse la répartition des phases autour du tronc du jour ; le Zi Wei utilise le même mécanisme sous un vocabulaire d’étoiles.
- Le Feng Shui attribue des phases aux formes et aux directions et, sur le versant de la boussole, suit leur évolution dans le temps.
- Le choix des dates accorde la phase d’un jour à l’entreprise et, s’il est bien pratiqué, au thème de la personne.
- Une source fiable obtient les valeurs de phase par une méthode indiquée ; une source faible utilise les termes comme étiquettes pour des conclusions atteintes autrement.