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Les huit mouvements du Baduanjin
Un guide mouvement par mouvement des noms traditionnels, des trajectoires et des principes de pratique adaptés aux débutants.
Lire les noms traditionnels avec discernement
Le Baduanjin est généralement enseigné à travers huit titres faciles à mémoriser. Ceux-ci associent des images de mouvement au vocabulaire de la culture chinoise traditionnelle de la santé. Des expressions telles que « réguler le Sanjiao », « les cinq fatigues et les sept blessures » ou « dissiper le feu du cœur » conservent ce contexte culturel ; elles ne constituent ni des diagnostics modernes ni des promesses de guérison. Les noms, les détails et l’ordre peuvent aussi varier selon les lignées. La suite ci-dessous suit une forme debout moderne largement répandue.
1. Les deux mains soutiennent le Ciel
两手托天理三焦 · Liǎng Shǒu Tuō Tiān Lǐ Sānjiāo
Les deux mains montent le long de l’axe central, se tournent vers l’extérieur et s’élèvent au-dessus de la tête avant de redescendre avec contrôle. L’essentiel ne consiste pas simplement à s’étirer vers le haut. Gardez les pieds posés pendant que la colonne s’allonge, les côtes restent souples et les épaules ne remontent pas vers les oreilles. Les débutants peuvent garder les mains plus basses ou les coudes légèrement fléchis. La référence traditionnelle au Sanjiao appartient à la théorie médicale chinoise et figure ici comme partie du nom transmis.
2. Bander l’arc à gauche et à droite
左右弯弓似射雕 · Zuǒ Yòu Wān Gōng Sì Shè Diāo
Dans une position plus large, les bras dessinent l’image d’un archer : une main s’étend tandis que l’autre tire vers l’arrière, puis les côtés s’inversent. Le mouvement coordonne la poitrine, le haut du dos et la taille, tout en demandant de la stabilité aux jambes. Gardez les genoux orientés dans la direction des pieds et ne descendez qu’à une profondeur confortable. Le geste doit être ample plutôt que brusque ; évitez de tirer violemment le coude arrière ou de retenir la respiration.
3. Lever une main
调理脾胃须单举 · Tiáolǐ Píwèi Xū Dān Jǔ
Une paume pousse vers le haut tandis que l’autre descend, créant une opposition douce à travers le tronc. Les côtés alternent sans incliner ni affaisser la taille. Imaginez que vous créez de l’espace entre les deux mains tout en gardant la nuque détendue. Si le geste au-dessus de la tête est inconfortable, réduisez sa hauteur. « Réguler la rate et l’estomac » est le moyen mnémotechnique traditionnel, et non l’affirmation que l’exercice traite une maladie digestive.
4. Regarder en arrière
五劳七伤往后瞧 · Wǔ Láo Qī Shāng Wǎng Hòu Qiáo
La tête et le haut du corps tournent progressivement pour regarder derrière, reviennent au centre, puis changent de côté. L’intérêt réside dans la rotation contrôlée et l’attention, non dans la distance du regard. Gardez le sommet du crâne élevé et laissez les yeux conduire une rotation modérée. En cas de sensibilité cervicale, utilisez une très petite amplitude et évitez de projeter le menton vers le haut. L’expression « cinq fatigues et sept blessures » est historique et possède plusieurs interprétations traditionnelles.
5. Balancer la tête et le bassin
摇头摆尾去心火 · Yáo Tóu Bǎi Wěi Qù Xīn Huǒ
Les mains prenant appui sur les cuisses, le poids et le tronc se déplacent dans un arc large et fluide. C’est souvent le mouvement le plus exigeant, car il associe une position ouverte, un travail des jambes et des changements de direction. Commencez plus haut, avancez lentement et gardez les genoux dans l’axe des pieds. Ne forcez ni une position basse ni un grand cercle de la colonne. En cas de difficulté d’équilibre ou de gêne aux genoux ou au bas du dos, choisissez une version réduite avec appui. « Dissiper le feu du cœur » relève du langage explicatif traditionnel, non de la cardiologie moderne.
6. Descendre les mains vers les pieds
两手攀足固肾腰 · Liǎng Shǒu Pān Zú Gù Shèn Yāo
Les mains descendent le long du dos ou des jambes pendant que le corps se penche, puis le tronc remonte avec contrôle. Certaines versions vont jusqu’aux pieds, mais toucher les orteils n’est pas un objectif. Inclinez-vous seulement dans une amplitude confortable, assouplissez les genoux et ne forcez pas l’arrondi du bas du dos. Les mains peuvent s’arrêter sur les cuisses. La référence traditionnelle au « renforcement des reins et de la taille » ne doit pas être comprise comme un traitement des maladies rénales.
7. Serrer les poings et fixer le regard
攥拳怒目增气力 · Zuàn Quán Nù Mù Zēng Qìlì
Depuis une position stable, les poings s’étendent puis reviennent, accompagnés d’un regard concentré. Selon la version, l’avant-bras peut tourner pendant que la main s’ouvre ou se ferme. Pratiquez avec vigilance, sans agressivité : gardez la mâchoire, les épaules et la respiration détendues, et préférez un effort contrôlé à une tension maximale. Une position moins large ou une extension plus douce conserve le principe du mouvement pour les débutants.
8. Monter puis se déposer sur les talons
背后七颠百病消 · Bèihòu Qī Diān Bǎibìng Xiāo
Les talons se soulèvent puis redescendent tandis que le corps monte et se dépose sur une ligne verticale. Certaines versions traditionnelles répètent le geste sept fois. Pour un débutant moderne, le contrôle fluide est préférable à une retombée brutale des talons. Gardez les chevilles alignées, le regard horizontal et la respiration naturelle. Utilisez un mur ou une chaise si l’équilibre est incertain. L’expression « les cent maladies disparaissent » est une formule classique, non une garantie médicale.
Ce qui relie les huit mouvements
Le Baduanjin est plus qu’une série de huit étirements isolés. Les transitions apprennent au corps à changer de direction sans perdre l’équilibre. Les actions ascendantes et descendantes se répondent, l’ouverture alterne avec le rassemblement, et l’attention suit le mouvement sans devenir tendue. Trois principes pratiques restent importants dans tout l’enchaînement : une posture confortable, une respiration non forcée et une attention claire. Dans le qigong, on les décrit souvent comme la régulation du corps, du souffle et de l’esprit.
Conseils de prudence pour les débutants
Apprenez lentement l’ordre et choisissez une amplitude qui vous permet de respirer normalement. Une douleur, des vertiges, un engourdissement ou un essoufflement inhabituel sont des raisons de vous arrêter. Une chaise, un mur ou une position plus petite peuvent rendre la pratique plus accessible. Un enseignement est particulièrement utile pour les cinquième et sixième mouvements, dont la profondeur et la mobilité de la colonne sont faciles à exagérer. En cas de grossesse, de convalescence, de blessure, de maladie ou de doute sur l’exercice approprié, demandez conseil à un professionnel de santé qualifié. Le Baduanjin peut compléter des soins ordinaires ; il ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.
Poursuivre l’exploration du Baduanjin
Pour découvrir l’histoire de la forme, son contexte culturel, sa structure générale et une lecture prudente des recherches, consultez le guide principal du Baduanjin.
Sources et lectures complémentaires
L’Administration générale des sports de Chine présente les huit noms de la forme moderne. Son centre de gestion du qigong propose aussi une synthèse sur le nom, les sources anciennes, les formes debout et la diversité des transmissions. Pour la recherche et les limites de sécurité, consultez également la page du NCCIH consacrée au qigong.