Chapitre 10 — Embrasser l’Un

L’unité, la souplesse, l’attention claire et une sollicitude sans possession forment la vertu profonde.

Le chapitre dix rassemble plusieurs pratiques dans une série de questions exigeantes. Le corps et la conscience peuvent-ils rester unis ? L’énergie cultivée peut-elle devenir souple plutôt que tendue ? La perception peut-elle être débarrassée de ses déformations ? Peut-on prendre soin des personnes sans faire du contrôle habile sa méthode ? La réponse du chapitre n’est pas une technique, mais une qualité de relation.

Paysage illustré d’une pleine lune reflétée dans un lac calme, entre des montagnes et des pins nocturnes.

Texte classique

载营魄抱一,能无离乎?专气致柔,能婴儿乎?涤除玄览,能无疵乎?爱民治国,能无知乎?天门开阖,能为雌乎?明白四达,能无为乎?生之、畜之,生而不有,为而不恃,长而不宰,是谓玄德。

Version française

Portant le corps et l’esprit tout en embrassant l’Un, pouvez-vous les empêcher de se séparer ? Concentrant le souffle vital et devenant souple, pouvez-vous être comme un nourrisson ? Nettoyant le miroir mystérieux, pouvez-vous le laisser sans tache ? Aimant le peuple et gouvernant l’État, pouvez-vous le faire sans habileté manipulatrice ? Lorsque la porte du ciel s’ouvre et se ferme, pouvez-vous rester réceptif ? Comprenant clairement dans toutes les directions, pouvez-vous vous abstenir d’artifice ? Donnez vie et nourrissez ; donnez vie sans posséder, agissez sans dépendre de l’action, guidez la croissance sans la régenter. C’est ce qu’on appelle la vertu mystérieuse.

Pour débuter

L’image du nourrisson indique la souplesse et une vitalité sans division, non une ignorance enfantine. Le miroir évoque la perception avant que les préjugés ne la recouvrent. Ensemble, ces questions tournent le travail sur soi vers autrui : la clarté intérieure se mesure à notre capacité de soutenir la vie sans nous attribuer la propriété de la croissance des autres.

Idées clés

  • Le travail sur soi relie le corps, le souffle, l’attention et la conduite.

  • La souplesse peut témoigner d’une unité plutôt que d’une faiblesse.

  • La vertu profonde nourrit sans posséder ni contrôler.

Une lecture pour la vie actuelle

Lorsque vous aidez quelqu’un à apprendre, proposez un cadre et des retours sans faire de ses progrès le reflet de votre ego. Avant une décision importante, remarquez si votre corps est crispé et si votre esprit défend déjà une conclusion. Relâchez-vous suffisamment pour accueillir les informations qui ne correspondent pas à votre premier projet.

Une question à garder à l’esprit

Puis-je aider quelque chose à grandir sans avoir besoin de posséder, d’exposer ou de contrôler sa croissance ?


Retrouvez l’index complet du Tao Te Ching, puis le chapitre 9 ou le chapitre 11.